- Des origines à 1772 -

( Article réalisé dans le cadre du J.P.C Alliances Royales )

Introduction
I. La genèse
A) Les débuts du Moyen-Age
B) Christianisation et querelles dynastiques
C) L’Union de Kalmar, 1397-1523
II. Modernité et grandeur
A) Gustave Vasa et ses successeurs 1523-1612
B) Gustave Adolphe et le début de la grandeur
C) D’Oxenstierna à Charles XI, 1632-1697
III. Apogée et déclin , 1697-1772
A) Charles XII ou l’apogée éphémère, 1697-1718
B) Le tournant de 1718-1721
C) "L’ère des libertés", 1720-1772
Bibliographie sommaire



Introduction


Faire une histoire de la Suède des origines jusqu’au XVIIIème siècle n’est pas une mince affaire car l’histoire des premiers siècles est franchement obscure. D’ailleurs, avant le Moyen-Age, on ne connaît à vrai dire pas grand chose de la Suède sauf que sous l’Antiquité, elle est connue sous le vocable de " Thulé " et ses habitants sont appelés les " Suions " ou " Svear ". Il est intéressant de noter qu’à l’époque, on était persuadé que la Suède formait une île ! Mine de rien, la situation géographique de la Suède confirme cette assertion. Elle a en effet une situation quasi-insulaire, pour aller sur le continent, il faut toujours franchir de l’eau sauf à faire le détour par le nord, une voie très peu utilisée pour des raisons climatiques évidentes. Toute expédition de la Suède sur le continent est d’abord précédée d’une opération navale. Cette situation insulaire très insolite explique l’importance accordée par les suédois à la Baltique et à la marine en général.

Ce n’est qu’au XVème siècle que s’affirme quelque chose qui ressemble bien à une monarchie nationale suédoise. Il s’ensuit un développement rapide, et au XVIIème siècle, la Suède apparaît comme une très grande puissance dominant un vaste empire et capable d’imposer ses vues sur le continent. Pourtant, à la fin du XVIIIème, la Suède n’est plus qu’une puissance mineure et presque ignorée. Comment expliquer une telle évolution, telle est à mon avis la question essentielle qui constitue le fil directeur de cet article.


Carte de l'empire suédois, début du XVIIeme-début du XVIIIeme siècle

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I. La genèse


A) Les débuts du Moyen-Age :

Ce n’est qu’à partir du VIème siècle que l’histoire de la Suède s’éclaircit quelque peu. La " Thulé " apparaît divisée en plusieurs petits royaumes dont les deux plus importants sont ceux des Suones ( ou Svear) et des Götar ( c’est-à-dire les Goths qui résident dans le Gotaland). Ces derniers, en conflit permanent avec les Svears, et battus par eux, finissent par émigrer vers le continent. Du coup, au Xème, le royaume des Svears s’étend à presque toute la Suède sauf le sud dominé par les danois par le biais de leur roi Knut le grand (1016-1035) qui régie un imposant empire unifiant Danemark, Norvège et Angleterre incluse !.

Du VIIIème au XIème, la Suède participe grandement aux invasions dites " Vikings " avec la Norvège et le Danemark. La spécificité des vikings suédois, c’est qu’ils se tournent surtout vers l’Europe de l’est. En 862, menés par un certain Riourik ou Rörikr, des vikings suédois envahissent les plaines russes et fondent les principautés de Novgorod et de Kiev . Les premiers états russes sont suédois ! D’ailleurs, les vikings suédois sont souvent appelés en orient les " Varègues " mais aussi les " Rus " ! ( Terme qui serait à l’origine du mot Russe, Russie, c’est-à-dire, le pays des Rus donc des vikings suédois !). Notez aussi que Riourik, devenu prince de Novgorod en 862, est à l’origine de la dynastie dites des " Rurikovitch " qui régnera sur la Russie jusqu’au XVIème siècle ! Ce qui montre en tous cas le très grand rôle acquis par les vikings suédois en Europe orientale pendant leurs invasions, et ceci de la Baltique à la Mer Noire. On retrouve d’ailleurs des " Varègues " à Constantinople entrés au service de l’empereur byzantin. Les expéditions des vikings suédois en Europe s’arrêtent au milieu du XIème siècle. Parallèlement, le christianisme commence à poindre son nez.

B) Christianisation et querelles dynastiques :

A partir du milieu du XIème et du XIIème siècles, la Suède connaît deux événements importants :

- D’une part, la christianisation progressive de ce pays resté païen. En 1164, la création d’un archevêché marque la création officielle de l’église chrétienne suédoise.

- D’autre part, la monarchie suédoise, encore archaïque ( elle est élective, c’est-à-dire que le roi est élu ce qui facilite les conflits entre les potentiels postulants), est fortement affaiblie par des querelles dynastiques qui finissent par la paralyser. En 1156, le roi Erik IX et sa famille s’imposent. L’intérêt d’Erik IX est qu’il lance une croisade contre la Finlande restée païenne, prélude à la conquête d’icelle. Mais les luttes dynastiques s’intensifient. En 1250, la dynastie des Folkungar prend le pouvoir et le conserve jusqu’en 1363. A sa tête, Birger Jar, simple régent ( il met son fils sur le trône) va jouer un rôle essentiel dans l’histoire de la Suède. Il fait occuper le sud-est de la Finlande, il établit la capitale du royaume à Stockholm, il unifie la législation et il permet un développement du commerce. Parallèlement, la monarchie s’affermit, elle s’entoure de grands dignitaires, surtout, un conseil du royaume ( dit Conseil ou " Riksräd ") fait son apparition et devient le principal organe de gouvernement, il rassemble le roi et ses principaux conseillers. En 1363, la Finlande est définitivement occupée et annexée. Malgré ce succès, les problèmes internes s’exaspèrent et créent un climat de quasi-anarchie, ce qui favorise les appétits des puissances voisines. En 1360-1361, le roi du Danemark envahit la Suède, il s’ensuit une vingtaine d’années de conflits. Mais, en 1388, aspirant à un climat de paix, une partie de la noblesse suédoise plébiscite Margarita, la tout nouvelle régente du Danemark et de la Norvège. Celle-ci s’impose facilement en Suède en 1397 et en devient la régente. Pour la première fois, les quatre peuples scandinaves ( danois, norvégiens, suédois et finlandais) sont réunis sous la même autorité, c’est " l’Union de Kalmar ".

C ) L’Union de Kalmar,1397-1523 :

En juin 1397, à Kalmar, Margarita fait couronné son neveu Erik de Poméranie comme roi de l’Union. Ce dernier ne gouverne personnellement qu’à partir de 1412, sans talent puisqu’il mécontente très rapidement les suédois dont une partie se révolte en 1434 mené par un certain Engelbrekt. Celui-ci réussit à convoquer en 1435 une assemblée réunissant les représentant de la noblesse, du clergé, des villes et des paysans du royaume. Cette assemblée particulière, c’est le premier " parlement "( ou Riksdag ) de la Suède. Engelbrekt s’y fait élire roi de la Suède mais se fait assassiner quelque temps plus tard. Deux familles particulières, celles des Knusson puis des Sture, dirigent dés lors la résistance face aux danois. Malgré plusieurs victoires sur l’armée occupante, les résistants suédois sont écrasés en 1520 par le roi danois Christian II. Espérant mettre un terme définitif à la résistance suédoise, celui-ci fait décapiter à Stockholm 82 dignitaires partisans de la résistance ( mars 1520). Cet épisode, célèbre en Suède et connu sous l’expression du " bain de sang de Stockholm ", entraîne un sursaut des résistants menés par un dénommé Gustave Eriksson ( ou vasa ). Grâce à une milice paysanne, il chasse les danois et se fait reconnaître roi de Suède en 1523, mettant fin à l’Union de Kalmar.


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II. Modernité et grandeur

A) Gustave Vasa et ses successeurs 1523-1612 :

- Libérateur de la Suède, Gustave Vasa ( 1523-1560) passe pour être le fondateur de la monarchie suédoise moderne. Sous son règne, la couronne se renforce, l’administration se développe. Surtout, réunissant un Riksdag en 1544, il fait reconnaître l’hérédité de la couronne dans la famille des Vasa ( elle n’est donc plus élective). Ce qui reste quand même la grande affaire du règne, c’est l’introduction du protestantisme en Suède, la rupture avec Rome est consommée en 1524. La Suède fait désormais partie de l’Europe protestante. De même, en 1542, Vasa inaugure le premier traité franco-suédois, prémices de deux siècle d’intenses relations diplomatiques entre les deux royaumes. La suède entre de plein pied dans la grande politique européenne.

- Ses successeurs : Sous Erik XIV ( 1560-1568), la Suède connaît quelques déboires notamment une guerre contre le Danemark qui se déroule mal. Déposé en 1568, il est remplacé par son frère Jean III (1568-1592). Ce dernier, grâce à une politique extérieure pertinente, reprend l’extension vers l’est, il acquiert l’Estonie et met un pied en Ingrie. Surtout, il réussit le superbe coup de faire élire son fils Sigismond comme roi de Pologne ! Quand Jean III meurt, Sigismond est couronné roi de Suède, réunissant la Pologne et la Suède sous la même autorité ! Cependant , malhabile, il entraîne une opposition en Suède, il perd la couronne au profit de son oncle Charles roi en 1600, d’où un conflit armé entre les deux royaumes.

B) Gustave Adolphe et le début de la grandeur :

En 1611 arrive sur le trône suédois l’un des rois les plus emblématiques de la Suède : Gustave Adolphe (1611-1632) dit plus tard le " lion du nord ". Il rêve de faire de la Baltique un " lac suédois ". Né en 1694, lettré, il a 17 ans en montant sur le trône. D’emblée, il désigne comme son chancelier Axel Oxenstierna, l’un des plus grands hommes politiques européens du siècle.

Gustave Adolphe connaît un début de règne difficile, la Suède est en guerre contre la Pologne qui s’est coalisée avec la Russie et le Danemark. Néanmoins, Gustave va réussir à signer une série de traités avantageux pour son royaume. Avec les russes, le traité de 1617 permet à la Suède d’acquérir définitivement l’Ingrie et la Carélie orientale. Ajoutées à l’Estonie et à la Finlande déjà annexées, la Suède domine désormais un ensemble conséquent. Mieux, avec la Pologne, Gustave, qui mène une offensive victorieuse, arrache le traité d’Altmark de 1629 qui permet une annexion de facto de la Livonie ! La Suède devient une puissance continentale !

C’est avec Gustave-Adolphe que l’état suédois devient vraiment moderne. Réformateur, il institutionnalise le Riksrad et le Riksdag ( le premier reste le conseil de gouvernement, le second devient des Etats généraux avec quelques attributions fiscales et diplomatiques). L’économie s’embellit, l’armée est réorganisée, le principe moteur et franchement révolutionnaire pour l’époque en est la levée par conscription de paysans ( ce qui fait que l’armée suédoise est la plus moderne d’Europe du point de vue du recrutement, national et par conscription). Le tout donne à Gustave-Adolphe les moyens d’une politiques extérieures ambitieuses. Il intervient victorieusement dans la Guerre de 30 ans en remportant au sein même du Saint Empire deux superbes batailles ( Breitenfeld en 1631 et Lutzen) mais il meurt lors de la deuxième.

C ) D’Oxenstierna à Charles XI, 1632-1697 :

Gustave-Adolphe laisse une fille de 6 ans ( Christine), c’est Oxenstierna qui assure la régence. Continuant la guerre, il subit une cinglante défaite à Nördlingen en 1634. Néanmoins une armée de 90000 hommes et un traité avec la France en 1635 lui permettent de battre les impériaux. Surtout, sans prévenir, Oxenstierna attaque le Danemark et écrase les danois, il arrache le traité de Brömsebro (1645) par lequel la Suède acquiert des danois l’île de Gotland , le Jamtland et le Halland !.

En 1644, la reine Christine prend le pouvoir en main. Elle bénéficie de la paix de Westphalie (1648) qui met un terme à la Guerre de 30 ans. La Suède obtient la Poméranie occidentale et les duchés de Brême et de Verden ! Gros succés diplomatique, la Suède vient d’accéder au rang convoité de grande puissance.

En 1654, la reine Christine abdique de son propre chef, elle laisse le pouvoir au roi Charles X (1654-1660). Ce dernier dés son arrivée doit faire face à une coalition anti-suédoise réunissant la Pologne, la Russie et le Danemark ( conflit qu’on nomme parfois " la première Grande guerre du nord "). Grâce à une superbe offensive contre les danois, Charles X leur impose le traité de Roskilde (1658) qui permet à son royaume de s’enrichir de la Scanie et du reste du Halland. La Suède domine désormais les détroits et la Baltique est cette fois-ci devenu "  son lac ", c’est l’apogée territoriale de la suède, il y a dès lors un Empire suédois !. A sa mort en 1660, Charles X laisse un pays transformé brutalement en empire continental et maritime. Mais cette puissance nouvelle attise des convoitises...

Charles XI n’a que 4 ans à son avènement, un conseil de régence a la dure tâche de gérer l’empire et surtout de mettre un terme au conflit contre la Pologne et la Russie. C’est chose faite en avril 1660 à Oliva avec les polonais ( reconnaissance définitive de la Livonie à la Suède) puis avec les Russes. De 1660 à 1674, la Suède entre dans une politique de repliement, il s’agit de calmer les ambitions extérieures pour pouvoir gérer et renforcer l’empire. Néanmoins, on ne peut éviter un conflit contre le Brandebourg ( la future Prusse) allié au Danemark et à la Hollande de 1674 à 1678, une série de victoires mais aussi de défaites aboutissent à un statu quo.

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III. Apogée et déclin , 1697-1772

  1. Charles XII ou l’apogée éphémère, 1697-1718

En 1697 arrive sur le trône suédois l’un des rois les plus controversés de Suède : Charles XII. A son avènement, il n’a que 15 ans pourtant il va porter la Suède à son apogée militaire, d’ailleurs son règne est essentiellement consacré à la guerre. Fidèle successeur d’un Gustave-Adolphe, véritable génie militaire, Charles XII va acquérir une notoriété capable d’éclipser celle d’un Louis XIV. Pourtant c’est la fin de son règne qui inaugure le début du déclin pour la Suède !

Si Charles XII passe tout son règne à guerroyer, c’est qu’il faut désormais défendre l’empire suédois contre les envieux qui sont au nombre de quatre : Le roi de Pologne, l’Electeur de Brandebourg, le Tsar et le roi de Danemark. En avril 1699, profitant du jeune âge du nouveau souverain suédois, les quatre compères signent une alliance offensive ciblée contre la Suède. Début 1700, les polonais envahissent la Livonie, c’est le début d’un très long conflit qu’on nomme souvent " la Grande guerre du nord " (1700-1721), la Suède ne s’en remettra jamais !.

Dans tous les cas, les coalisés vont être fortement surpris par la réaction décisive de Charles XII. Celui-ci écrase avec une facilité déroutante les danois ( paix en Août 1700), puis il passe en Pologne où il balaie d’un revers de la main l’armée polonaise à Riga, puis, histoire d’en rajouter un peu, il s’offre le luxe d’annihiler l’armée russe conduite par le fameux Pierre le Grand à Narva ( Novembre 1700). L’empire tient bon !. De retour en Pologne, il ridiculise une seconde fois les polonais à Klissow ( juillet 1702), et signe la paix d’ Altranstâdt en 1706 : le roi polonais Auguste II est tout bonnement déposé au profit de Leszczinski, candidat de Charles XII. Ne s’en lassant pas, il se retourne encore contre les russes qu’il bat à Holovczin en juillet 1708, puis il projette d’envahir la Russie jusqu'à Moscou ! Mais y renonce peu après. A ce moment là, Charles XII est sans aucun doute l’un des rois les plus puissants d’Europe et la Suède brille de toute son apogée ... par pour longtemps. Car Charles XII s’entête en Russie. Confronté à l’un des souverains russes les plus brillants qui soit, Pierre le grand, Charles XII finit par envahir la Russie, mais c’est pour achever sa course en Ukraine où son armée se fait écraser à Poltava par les russes ( 1709), Charles XII contraint de fuir se réfugie à Istanbul pendant 5 ans. Du coup, la coalition se relance, elle réunit cette fois-ci les danois, les polonais, les russes, la Saxe, la Prusse ex Brandebourg, l’Angleterre et même la Hollande ! ! Chacun veut participer au dépeçage ! Quand Charles XII revient en Suède en 1714, l’empire vacille sérieusement. Il décide alors d’attaquer la Norvège, possession du Danemark, mais il meurt lors du siège de Fredrikssten à la frontière.

Un destin superbe, homérique, Charles XII est réellement une figure atypique. Sa mort cause une vraie césure dans l’histoire de la Suède, c’est la fin de la politique de grande puissance. Comme vidé de toute son énergie vitale, le pays entre à partir de 1718 dans une politique de repliement qui marque le déclin de la Suède

  1. Le tournant de 1718-1721

La mort de Charles XII pose à la Suède deux grands problèmes : celui de la succession et celui de la paix avec la coalition.

Charles XII meurt sans successeur légal. C’est sa sœur cadette Ulrique-Eléonor, épouse de Frédérique de Hesse-Cassel, qui prend le trône. Son avènement est important car il marque la fin de l’absolutisme. En effet, Ulrique-Eléonor et son mari (qui devient roi en 1720), pour pouvoir montrer sur le trône, ont dû accepter une constitution votée en 1719 qui laisse une partie du pouvoir au Riksdag dirigé par les nobles et au Riksrad dont le membre éminent est le chancelier qui devient de facto une sorte de premier ministre dirigeant le pays. La monarchie suédoise voit ses prérogatives amoindries et est désormais bien muselée.

Le second grand problème de ces années 1718-1721 est de gérer la paix avec la coalition. Cette fois-ci, la Suède, affaiblie, va en faire les frais. Un premier traité avec l’Angleterre en 1719 voit la perte des duchés de Brême et de Verden donnés au Hanovre. Un traité avec la Prusse en 1720 entérine la perte de la Poméranie. Par contre, la paix avec les danois en 1720 ne comporte que des clauses d’ordre politique. Mais le traité essentiel qui entérine la fin irrémédiable de l’empire suédois est celui de Nystad de septembre 1721 avec les russes : la Suède doit céder une partie de la Carélie, l’Ingrie ( où Pierre le grand construit Saint-Pétersbourg), l’Estonie et la Livonie ! Le recul est immense, la Suède a perdu en quelques années toutes ses attaches sur le continent.

  1. " L’ère des libertés ", 1720-1772

Les décennies 1720-1772 sont pour la Suède des années d’anarchie et de troubles intérieurs. De 1720 à 1738, l’homme fort du pays est le chancelier Arvid Horn dont la politique se définit en quelques mots : paix, rapprochement avec la Russie, repli absolu. Une politique d’abord fortement plébiscitée, mais vite contestée par la suite. En 1733, la guerre de Succession de Pologne entraîne une crise politique, deux camps s’opposent : d’un côté les partisans de la politique de Horn dits les " bonnets ", de l’autre les " chapeaux ", c’est-à-dire, ceux qui sont partisans d’une politique plus active, et d’une guerre contre la Russie ( dont l’objectif est de récupérer les anciennes possessions baltes). En 1738, les " chapeaux " l’emportent menés par leur chef de file Gyllenborg.

De 1739 à 1764, les " chapeaux " vont dominés le pays. En juillet 1741, suite à des dissensions intérieures en Russie, ils en profitent pour lui déclarer la guerre. Le fiasco est complet, l’armée suédoise est gentiment refoulée en Finlande. Une paix rapide est signée à Abo en août 1743, la Suède y perd un morceau de Finlande ! Malgré cet échec cuisant les " chapeaux " se maintiennent et calment le jeu pour une décennie. En 1757, profitant de la guerre de 7 ans, les " chapeaux " interviennent contre la Prusse. La paix est là aussi rapidement signée après une belle défaite des suédois. La Suède n’a franchement plus les moyens d’une grande politique extérieure ! En 1764, les " chapeaux ", écoeurés, passent la main aux " bonnets ".

De 1769 à 1772, la Suède plonge dans une véritable anarchie politique, les " bonnets " se chamaillant continuellement avec les " chapeaux " pour une parcelle de pouvoir. En 1771, le roi Adolphe-Frédérique de Holstein meurt ( roi depuis 1751), son successeur, Gustave III, conscient de l’état de décrépitude de son royaume, veut renforcer le pouvoir royal. Sans demander son reste, avec l’appui d’une partie de l’armée, il fait un " coup d’état " en 1772, en clair, il met fin à la constitution de 1719, aux factions, et surtout à 50 ans de luttes intestines et de corruption par l’étranger. Il signe par la même la fin de " l’ère des libertés " et le renouveau de l’absolutisme. Mais la Suède ne s’en relèvera pas pour autant.



Bibliographie sommaire :

Mousson-Lestang (jp), La Suède, " Nation d’Europe ", 1995.

Ingvar Andersson, Histoire de la Suède, " Histoire des nations européennes ", 1973.

Nordmann ( c), Grandeur et liberté de la Suède, 1660-1792, Paris, 1971.


Milam
(mars 1998)

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